Quels liens entre le coronavirus et consommation de viande de brousse ?

Wuhan, la capitale de la province de Hubei sur les bords du fleuve Yangtsé en Chine, est l’épicentre de cette pandémie qui depuis décembre 2019 a contaminé des millions de personnes et fait des dizaines de milliers de morts dans le monde entier.

Considéré comme une simple alerte sanitaire, le COVID-19, le nom scientifique trouvé à cette pandémie s’est propagé à la vitesse de l’éclair partout dans le monde entier. A ce jour, plus de 185 pays sont touchés ; bouleversant ainsi les habitudes des uns et des autres avec la moitié de l’humanité confinée et une économie mondiale à l’arrêt.

 

D’où sort le coronavirus ?

Tout porte à croire que le patient zéro de cette épidémie a été contaminé au grand marché de Wuhan où des ventes de nombreux animaux sauvages avaient lieu, selon Gao Fu, le directeur du Centre Chinois de Contrôle et de Prévention des Maladies. Mais ce dernier, lors d’une conférence de presse organisée à Pékin le 22 janvier dernier, n’a pu affirmer avec certitude si du gibier était à l’origine de l’épidémie. En revanche, des scientifiques chinois issus de l’Université d’Agriculture de Chine du Sud, la province du Guangdong, soupçonne le pangolin d’avoir été une courroie de transmission entre la chauve-souris et l’homme.  Déjà on estime à plus de 2 millions de personnes contaminées officiellement dans le monde. Des analyses génétiques faites par les scientifiques chinois ont montré que la partie mutée auprès des chauves-souris dans les pangolins, et cette partie de 99% pareil qu’avec les Hommes.

Comme nous le constatons tous, aucune étude n’a clairement établi le lien entre les animaux sauvages et le COVID-19. Mais pour plus de prudence, les experts scientifiques ont appelé à l’interdiction de la viande de brousse quelque nature que ce soit. La Chine l’a aussitôt appliquée et poursuivi toute personne indélicate. La Côte d’Ivoire à travers le Ministère des Eaux et Forêts a suivi dans la foulée. Cependant fort est de constater que certaines personnes n’ont que faire de cette interdiction ; et continuent la consommation de la viande de brousse. Alerté, une équipe composée des forces de l’ordre issue de la Direction Autonome d’Abidjan dirigées par le Lieutenant-Colonel N’Guessan Alain se sont dépêchées sur un marché de vente de la viande brousse par excellence basé à Yopougon le 13 février dernier pour procéder à la saisie de 434 kilogrammes de produits fauniques. Selon le communiqué des Eaux et Forêts, cette quantité représente 154 carcasses d’animaux dont 2 vipères, 26 rats, 5 rats palmistes, 2 mangoustes, 11 hérissons, 19 aulacodes, 2 civettes, 2 lapins, 2 guibs harnachés, 13 céphalopodes à flanc roux, 1 pangolin, 12 pintades de brousse, 54 perdrix. 

En plus de ces actions de répressions, les actions en faveur d’une sensibilisation des populations sont de mise. Le lundi 23 mars 2020 à Arrah, l’une des zones où la viande de brousse circule, une sensibilisation a eu lieu envers des tenanciers de maquis et de restaurants de la commune d’Arrah. Un seul point à l’ordre du jour : le respect de la mesure interdisant la consommation de la viande de brousse. Le Lieutenant Soro, le chef qui conduisait l’opération à Arrah a ordonné l’incinération de stocks de viandes à la disposition des maquis et restaurants de la commune. En outre, il a exhorté l’assistance à signaler tout cas de signe de la maladie dans leur entourage et à se rendre à l’hôpital pour une prise en charge. Le mot d’ordre est de ne pas céder à la panique, mais de rester vigilant tout en rappelant à ses interlocuteurs la présence effective de la maladie sur le territoire ivoirien avec plusieurs cas détectés. La pandémie est sérieuse, et l’Etat veut l’éliminer complètement à travers les différents dons des structures étatiques. Sur cet élan de don, le Ministère des Eaux et Forêts n’est pas resté en marge.  Alain-Richard Donwahi, le ministre de tutelle a procédé lundi 20 avril à une remise de dons composés de savon liquide, gel hydroalcoolique, de sceaux de robinets, de masques.

Au moment où nous écrivions cet article ; en Côte d’Ivoire et dans le monde, c’est      2 416 135 cas confirmés, 632 983 guéris, et malheureusement 165 939 décès liés au COVID-19 qui ont été enregistrés. Selon les experts environnementaux, la pandémie de COVID-19, et les épidémies précédentes comme le SRAS, sont le résultat de la diminution des espaces naturels et l’amplification des marchés de viandes de brousses, mettant en contact des milliers de carcasses et d’animaux encore vivants dans des espaces très réduits, animaux de différentes espèces qui habituellement ne se croiseraient pas dans la nature, ce qui permet à des virus de circuler d’espèces en espèces jusqu’à l’homme et de révéler toute leurs dangerosités. Pour l’Afrique, l’épidémie du virus Ebola en 2014 a été très probablement transmis par des chauves-souris, qui faute de forêt sont allées nicher dans les arbres près des villages et ont transmis ce virus mortel pour l’Homme dont elles étaient porteuses saines. Il devient nécessaire, avec l’accroissement de la population et l’augmentation de la consommation de gibier qui devient insoutenable pour de nombreuses espèces sauvages, de revoir nos habitudes de consommation malgré la place qu’occupe la viande de brousse dans nos traditions.

TRAFIC D’ESPECES PROTEGEES/ le trafic international gagne de l’ampleur

Selon le dernier rapport de l’ONG Traffic, organisme de défense des espèces protégées dans le monde publié en février 2020, le trafic international lié aux espèces protégées prend de l’ampleur. D’après les chiffres qui se trouvent dans le rapport, plusieurs saisies de contrebandes fauniques ont été enregistrées au cours de ses dernières années. Ainsi, montrant l’accroissement dangereux du trafic lié aux espèces protégées. Plusieurs saisies records effectué toujours selon le rapport. 96 tonnes d’écailles de pangolin confisquées entre 2017 et 2019. 4500 cornes de Rhinocéros entre 2016 et 2017. 225 tonnes d’ivoire d’éléphant d’Afrique saisie durant cette dernière décennie, un record depuis que la lutte anti-trafic des espèces protégées est déclenchée. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la population des éléphants d’Afrique par exemple compte à présent environ 415.000 spécimens, soit 111.000 de moins qu’il y a dix ans. Et le massacre continue au rythme vertigineux d’environ 30.000 éléphants par an. Toutes saisies ont eu lieu sur le continent asiatique notamment en Chine, Malaisie, Singapour, et au Viêt Nam. Ces saisies ne sont que la partie visible de l’iceberg à en croire les ONG. Pour elles, ce sont plusieurs tonnes de contrebande fauniques qui passent inaperçues chaque année à travers les mailles du filet. Le pangolin, l’éléphant, le rhinocéros faut-il le rappeler sont classés sur la liste rouge de la CITES (Convention Internationales sur le commerce des Espèces protégées en voie d’Extinction) des espèces en danger critique de disparition totale de la planète terre « Il ne passe pas un jour sans que l’on voie une saisie d’animaux sauvages en Asie du Sud-Est et, souvent, les volumes sont impressionnants », déplore Kanitha Krishnasamy, directrice de l’ONG Traffic dans la région.

Face à ce problème mondial, l’Union Européenne par exemple préconise des plans d’actions de lutte contre le trafic des espèces sauvages. Dans son rapport, elle préconise tout d’abord d’empêcher le trafic des espèces sauvages en luttant contre les causes profondes de ce phénomène : il est nécessaire de combattre la corruption dans ce milieu.  Ensuite, mettre en œuvre et faire respecter les règles existantes et lutter efficacement contre la criminalité organisée liée aux espèces protégées. Enfin, renforcer le partenariat mondial entre les pays d’origine, les pays de destination et les pays de transit.

En Côte d’Ivoire, les autorités ivoiriennes sont lancées dans la lutte contre le trafic des espèces protégées. Arrestations, interpellations, et autres procès sont mis en œuvre pour freiner le commerce illégal des espèces protégées. L’autre signal fort, c’est l’incinération des trois tonnes d’écailles de pangolin saisies il y a 3 ans dans le pays faite mardi 3 mars 2020 par les autorités accompagnées de ses partenaires tels que EAGLE-Côte d’Ivoire. Notre loi faunique N°65-255 du 4 août 1965 relative à la protection de la faune et à l’exercice de la chasse, qui prévoyait jusqu’à la une peine d’emprisonnement allant de 2 mois à jusqu’à 12 mois, assortie d’une amende de 3000 à 300.000CFA est en cours de discussion. Elle frappera fort désormais, d’une peine d’emprisonnement plus lourde, ainsi que des amendes en hausse pour s’aligner sur des pays comme la Tanzanie, qui vient de condamner en février 2020 à 15 ans de prison, une chinoise impliquée durant 10 dans le trafic d’ivoire entre l’Afrique et l’Asie. Au Kenya par exemple depuis 2018, tout individu appréhendé dans un trafic d’ivoire court la prison à vie, voire la peine de mort.

TRAFIC D’ESPECE PROTEGEE/ CORONAVIRUS : Le Pangolin indexé

Une équipe de scientifiques chinois soupçonne le pangolin d’avoir été une courroie de transmission entre la chauve-souris et l’homme. Ce petit mammifère à écailles est selon les experts l’intermédiaire ayant permis le passage du virus de la chauve-souris à l’homme. Déjà, on estime au nombre des personnes contaminées des chiffres compris entre 31.000 et 68.000. Des analyses génétiques analysées par les scientifiques chinois ont montré que les virus contractés par les hommes et les pangolins étaient semblables à 99%.

 Une affirmation qui laisse pour le moment des scientifiques du domaine environnemental perplexe. Mais pour Bruno David, président du Museum National d’Histoire Naturelle en France, c’est un signal de plus que la chasse aux animaux sauvages doit cesser au plus vite, notamment celle du pangolin.

“J’espère que cela servira au moins de leçon, et que l’on arrêtera d’aller chasser des animaux sauvages. Cela pose problème”, affirme Bruno David sur Europe 1. En voie d’extinction, le pangolin continue d’être chassé pour sa viande, très appréciée, et ses écailles. La médecine traditionnelle chinoise leur confère notamment des vertus thérapeutiques. Pour ces croyances, aucun fondement scientifique n’a été trouvé. Selon une étude internationale, publiée en juillet 2017 dans la revue Conservation letters, chaque année entre 500 000 et 2,7 millions pangolins seraient capturés pour trafic dans les forêts, un chiffre qui en ferait augmenter le risque d’attraper le coronavirus du fait la manipulation et de la consommation de la viande de pangolin. Inoffensif et malvoyant, il vit dans les zones tropicales humides ou équatoriales.

Notre pays la Côte d’Ivoire fait partie des zones équatoriales. Et bien évidemment, ses forêts regorgent des pangolins. Mais le braconnage et le commerce illégal lié aux écailles de pangolin sont entrain de décimer les pangolins dans le pays. Rien qu’en une seule année 2017, les autorités ivoiriennes appuyées techniquement de l’ONG EAGLE-Côte d’Ivoire, 3000 kg, soit 3 tonnes d’écailles de pangolin ont fait l’objet d’une saisie record. Cette saisie a conduit à l’arrestation de huit trafiquants opérant dans le trafic d’écailles de pangolin.  Il est presque braconné partout dans les zones équatoriales. En 2019 au Cameroun, grâce à l’appui technique de l’ONG-LAGA issue de EAGLE Network, 2 tonnes d’écailles avaient fait objet de saisie par les autorités camerounaises. D’autres exemples de saisie, était la saisie record de 8 tonnes d’écailles de pangolin saisie au Vietnam l’année dernière provenaient selon les autorités vietnamiennes du Nigéria. L’animal est déclaré intégralement protégé en 2016 à l’issu du traité de la Convention Internationale sur le Commerce d’Espèces Sauvages Menacées (CITES). Et donc toute chasse, et commercialisation de l’espèce sont interdites sous peine de poursuites judiciaires. Pourtant en débit de cette interdiction, et des lois existantes, l’espèce pangolin reste l’animal sauvage le plus braconné au monde. Mais disons tous stop à la tuerie, commercialisation et la consommation du pangolin car il n’est plus question de la seule survie du pangolin, mais de nous aussi, les humains en ces temps de coronavirus.

DEFORESTATION/forêt classée du Cavally : WCF, NOFNA et des organisations de défense tirent la sonnette d’alarme !

 Jusqu’à là, épargnée par le phénomène de la destruction des forêts, la forêt classée Cavally est entrain de connaitre depuis un moment le même sort qu’a connu les autres forêts disparues. Elle a déjà perdu 33% de son couvert forestier soit 21 186 hectares sur 64 200 hectares délimités. En tous cas, c’est l’information principale dévoilée mercredi 29 janvier 2019 à l’Institut français d’Abidjan Plateau à travers une projection d’un documentaire intitulé :’’ « forêt en voie d’extinction, l’espoir de l’observation indépendante que sont les ONG ». Ce film a montré le combat de la Wild Chimpanzee Foundation (WCF), de Notre Forêt, Notre Avenir (NOFNA) et des communautés locales pour sauver l’une des dernières forêts (Cavally) de Côte d’Ivoire, la forêt classée du Cavally. A travers l’approche de l’observation indépendante, de jeunes riverains courageux et des ONG ivoiriennes ont décidé de s’associer à la WCF aux côtés de la SODEFOR pour protéger cette forêt gravement menacée. L’observation indépendante a l’aval désormais du code forestier dans le pays. Elle permet à court et longs termes d’éviter les conflits d’intérêts entre exploitants forestiers et les organismes de contrôle. Pour ce qui ressort du film projeté, c’est que la cause principale est la destruction exponentielle de la forêt à des fins agricoles notamment la création non autorisée de plantations de cacao. Aussi, l’exploitation illégale du bois, le charbon, non-respect des textes règlementaires etc. Et ce n’est pas tout, à côté de ces causes, s’ajoutent d’une part l’avènement des bandes armées sans scrupule qui vendent illégalement des parcelles de terres, et d’autre part les occupations anarchiques qui sont un poison pour la forêt du Cavally. Toujours selon les ONG présentent dans cette zone, près de 7000 planteurs illégaux sont partis suite à une campagne de sensibilisation de la SODEFOR et de WCF démontrant ainsi l’ampleur de l’occupation de la forêt du Cavally.

les pannelistes debant apres la projection du film documentaire

La déforestation en Côte d’Ivoire devient de plus en plus une bien malencontreuse réalité. Le couvert forestier du pays était de 16 millions d’hectares en 1900, et 6 millions en l’an 2000 selon les chiffres publiés à cette époque par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, FAO. Mais il ne reste aujourd’hui qu’environ 2,5 millions d’hectares d’après des estimations du programme d’investissement forestier, PIF publié en 2016. Parmi les forêts restantes, on trouve la forêt classée du Cavally.

A noter que l’invité principal lors de cette projection était l’artiste engagé Doumbia Moussa Fakoly connu sous le nom d’artiste de Tiken Jah FaKoly. L’artiste, star du reggae a vivement salué l’initiative de la WCF et ses partenaires : « merci pour les efforts que vous faites pour préserver notre forêt du Cavally qui est pour moi le poumon de la Côte d’Ivoire ». Avant de renchérir « j’espère vraiment que la sensibilisation va porter…car sans forêt, nous allons plus respirer, nous aurons privés nos enfants le droit de voir des espèces sauvages protégées en voie de disparition ».

l’artiste Tiken Jah Fakoly lors de son intervention

C’est une des dernières forêt du pays abritant des espèces protégées comme les pangolins, les léopards, des chimpanzés. Alors sauvons-la, sinon cette forêt du Cavally disparaitra comme a disparu la forêt de Goin-Débé situé au nord du Cavally et qui s’est vu dépouiller de 90% de son couvert forestier du fait des planteurs de cacao.

Trafic d’espèces protégées / l’accroissement du trafic illégal de l’ivoire menace la survie de l’espèce

300.000 éléphants décimés en à peine dix ans ; soit près de 20 000 à 30 000 éléphants sont tués par année pour leurs ivoires d’après des estimations du Fonds Mondial pour la Nature (WWF). Conséquence, l’espèce ne compte plus qu’un total de 415 000 individus en Afrique, contre 3 à 5 millions au début du siècle dernier. Le déclin des éléphants est à la vitesse de l’éclair. Des pays ayant eu autrefois une forte population d’éléphants ont subi malheureusement une baisse drastique de la population de l’espèce. C’est le cas de la Tanzanie où l’effectif d’éléphants a chuté de 63% en seulement cinq ans, passant de 109 000 spécimens auparavant à un chiffre rédhibitoire de 43 000. Si les chiffres sur la Tanzanie sont interpellant ; que dire du Gabon où 80% de la population des éléphants a disparu. Rien qu’entre 2004 et 2014, ce sont 25 000 individus qui ont été abattus dans les parcs notamment, le parc de Minkébé toujours selon WWF. En Côte d’Ivoire, ce sont plus de 1139 qui ont été dénombrés dans 26 habitats selon les rapports réalisés entre 1987 et 2000. Aujourd’hui le nombre d’individu ne dépasse guère les 300 selon un rapport de l’Union International pour la Conservation de la Nature publié en 2016. D’après les ONG de protection de la faune les principaux facteurs liés à la chute de l’effectif des éléphants sont entre autres l’exploitation abusive des ressources naturelles nécessaires aux éléphants du fait de l’agriculture industrielle, des occupations anarchiques de leur habitat ; mais surtout la recrudescence du commerce illégal de l’ivoire lié à la forte demande internationale en Asie. En janvier 2018, les autorités ivoiriennes avaient démantelé un réseau sophistiqué avec la mise aux arrêts de trois trafiquants majeurs asiatiques avec près d’une demi tonne d’ivoire saisi. Dans la même année, 8,8 tonnes d’ivoire de contrebande ont fait l’objet de saisie par les douanes chinoises et singapouriennes en provenance des marchés noirs africains. Le constat est clair, le trafic est loin de s’estomper et nous conduit vers la disparition de l’espèce.

 Comment inverser la tendance ?

Pour freiner le trafic illégal de l’ivoire, les ONG de défense exhortent les gouvernants à lutter proprement contre la corruption. Aussi, s’agit-il de mettre en œuvre, et faire respecter les règles existantes déjà et lutter efficacement contre la criminalité organisée aux espèces protégées. Renforcer le partenariat mondial entre les pays d’origine, les pays de destination et de transit de l’ivoire. Mais l’un des moyens sûrs pour inverser la tendance est l’application effective des lois fauniques, sans oublier de les corser afin de répondre aux normes internationales.

Les autorités ivoiriennes veulent frapper fort en rendant l’actuelle peine moins dissuasive à plus dissuasive désormais. C’est pourquoi le Ministère des Eaux et Forêts a initié les 8 et 9 du mois d’août dernier, un atelier national d’analyse et de validation des textes sur l’avant-projet de loi relative à la faune. Avec ses partenaires, ils se sont planchés sur la révision de l’actuelle loi sur la faune. Une bonne nouvelle sans doute pour les ONG de protection d’animaux sauvages car si le projet de loi est adopté, un trafiquant d’ivoire pourrait par exemple désormais être puni d’une peine d’emprisonnement allant de 10 à 20 ans et d’une amende de 10.000.000 à 100.000.000 francs CFA ou de l’une des deux peines pour toute infraction liée à la future législation.

Le commerce illégal de défenses d’éléphant est malheureusement aujourd’hui en constante augmentation car il est lucratif. Rien qu’à lui seul, il pèse de plus 3 milliards de dollars par an avec pour principal marché, la Chine. Le commerce international de l’ivoire est déclaré illégal depuis 1989.